Le présent Plan National d’Action pour la Nutrition traduit en actions concrètes la Politique Nationale de Nutrition, adoptée par Décret No. 2004-496. Il a été élaboré impliquant les principaux acteurs au niveau du Gouvernement, les ONG et les partenaires multilatéraux. Le document servira de cadre pour l’élaboration des plans d’action sectoriels pour quatre ans (2012-2015). Il vise à promouvoir une approche intégrée orientée à la nutrition au niveau des sites communautaires. Les objectifs globaux visent, d’ici 2012 à 2015, à : réduire la prévalence de la malnutrition chronique chez les enfants de moins de 5 ans, contribuer à la réduction de la mortalité des enfants de moins de 5 ans en 2015 (pag. 12). Analyse de la situation: Près de la moitié des ménages ruraux sont vulnérables à l'insécurité alimentaire. De plus, l’insécurité alimentaire et la pauvreté sont étroitement liées. La mise en oeuvre des activités d’amélioration de la sécurité alimentaire dans le Plan National d’Action en Nutrition I, dont l’objectif consiste à aider et organiser les communautés vulnérables, à développer les mécanismes de leur survie face à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition, a rencontré des difficultés (pag. 27). L’insécurité alimentaire résulte de trois facteurs : Les aliments ne sont pas disponibles par l’utilisation des techniques de production traditionnelles insuffisantes fréquemment perturbée par les catastrophes naturelles et par le problème d’accès à l’eau, par l’enclavement des zones et au faible pouvoir d’achat. Dans l'ensemble, 84% des ménages n'ont pas assez d'argent pour acheter les produits de première nécessité et manquent de nourriture durant une certaine période de l'année et environ un tiers des ménages fait face à un manque de liquidités/nourriture. La disponibilité et l’accessibilité alimentaire ne sont pas souvent suivies d’une bonne utilisation de la production (pag. 27). Le pays s’est fixé de réduire la proportion de la population victime de l’insécurité alimentaire de 65% à 43% d’ici 2015. Cependant, les enquêtes CFSVA auprès des ménages ruraux, ont démontré une détérioration de la situation de sécurité alimentaire des ménages entre 2005 et 2010 (pag. 28). Cette stratégie de développement aura une couverture géographique d’envergure nationale, tout en priorisant les sites de nutrition communautaire et les zones vulnérables à l’insécurité alimentaire. L’Office National de Nutrition et le Ministère de l’Agriculture mettront en place au niveau national une coordination politique et stratégique entre la sécurité alimentaire et la nutrition, visant à réduire la malnutrition chez les groupes vulnérables (pag. 32). Quelques 80% de la population malgache dépendent de l’agriculture, secteur économique le plus sensible aux changements climatiques. Les aléas climatiques entraînent ainsi des impacts socio-économiques et une pénible insécurité alimentaire. Les couches les plus pauvres de la population, les moins équipées pour y faire face, sont les plus exposées. Cette vulnérabilité empêche la population de s’adapter correctement à ces conditions climatiques défavorables. Enfin, les facteurs liés à la défaillance de la gestion des terres et de l’eau par insuffisance de système d’irrigation, augmentent leur exposition au risque. Il en est de même de l’état des infrastructures et des outillages qui ne présente pas les normes requises. En effet, les chocs climatiques génèrent des impacts de grande portée sur l’économie, la population et la sécurité alimentaire à Madagascar (pag. 39). Cette intervention permet d’atténuer les effets des catastrophes sur la nutrition à travers le relance du secteur de la production alimentaire après les risques. Il s’agit de réhabiliter les réseaux hydro agricoles et les circuits d’approvisionnement en intrants, de faire prospérer la commercialisation des produits, afin de favoriser l’accès aux aliments et d’éviter une détérioration de la situation de sécurité alimentaire de la population (pag. 40). Le Madagascar se trouve dans un contexte, fortement compliqué par les événements socio-politiques et la périodicité des catastrophes naturelles (cyclones, sécheresse, invasions acridiennes), que a entraîné la dégradation de la situation nutritionnelle, notamment celles des groupes vulnérables (enfants de moins de 5 ans, et femmes enceintes et allaitantes) et des groupes marginalisés. La plupart des urgences au Madagascar sont prévisibles et leurs impacts peuvent donc être atténués par des interventions judicieuses. Cet axe stratégique consiste à appuyer les composantes nutritionnelles relatives aux interventions d’urgence. Ces dernières sont coordonnées par le Bureau National de Gestion de Risques et des Catastrophes, en vue de prévenir ou réduire la malnutrition chez les groupes vulnérables et de diminuer les risques de mortalité infanto-juvénile suite aux catastrophes. Les objectifs spécifiques auxquels contribuera cette stratégie visent à: diminuer le taux de la malnutrition aiguë sévère en particulier chez les enfants et atténuer les effets des aléas de catastrophes sur la nutrition par des interventions post catastrophes de relance agricole (pag. 37). En cas d’urgence, l’amélioration de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et la nutrition de la femme, constituent une intervention nécessaire pour assurer la survie, la croissance et le développement de l’enfant. L’objectif consiste ainsi à réduire à la fois les taux de malnutrition maternelle et infantile après le passage des catastrophes. Une telle stratégie vise à mettre à la disposition des ménages cibles, des paquets d’activités de prévention de la malnutrition. Le groupe sectoriel nutrition se prépare à éviter une détérioration du statut nutritionnel de la population touchée par les catastrophes. Son rôle consiste à répondre aux besoins alimentaires immédiats des ménages dont l’accès à la nourriture devient un handicap (pag. 38).
مدغشقر · 2012-01-01