Plan Stratégique Multisectoriel de la Nutrition du Sénégal, 2018-2022.

Le présent Plan est une politique multisectoriel pour la nutrition du Sénégal pour le période 2018-2022. Il s'inscrit dans la Politique Nationale de Développement de la Nutrition 2015-2025. Les objectifs stratégiques et spécifiques définis pour l’horizon 2025 se présentent comme suit: réduire d’au moins 45% la prévalence du retard de croissance d’ici 2025 au niveau national; réduire de 30% la proportion d’enfants ayant un faible poids de naissance; réduire à moins de 5% la prévalence de la malnutrition aigüe des enfants de 0 à 5 ans; porter à 50% au moins le taux de l’Allaitement Maternel Exclusif durant les 6 premiers mois; réduire de 50% la prévalence de l’anémie chez les groupes vulnérables; réduire d’au moins 40% la prévalence des carences pour les autres micronutriments (iode, zinc et vitamine A); réduire de 20% la prévalence de l’obésité chez les groupes vulnérables. Par ailleurs, les axes d'intervention sont: (i) prévention et prise en charge de la malnutrition et des maladies non transmissibles d'origine alimentaire. Les actions de prévention de la malnutrition aigüe portent sur des apports alimentaires adéquats, la prévention et le traitement des maladies chez les femmes enceintes ou allaitantes et chez les enfants de moins de 5ans. Par ailleurs, les micronutriments ciblés par les interventions sont le fer/acide folique, l’iode, la Vitamine A et le zinc. Les interventions identifiées par les secteurs s'intègrent dans quatre grandes stratégies complémentaires à mettre à l’échelle pour lutter efficacement contre les carences en micronutriments. Il s'agit notamment de la promotion de la diversification alimentaire, la fortification des aliments, la supplémentation en vitamines et minéraux et l'éducation nutritionnelle. Le deuxième axe adresse la lutte contre les carences en micronutriments (fer/acide folique iode, zinc, vitamine A); L'Axe 3, le renforcement de la disponibilité des aliments sains et à haute valeur nutritive, sera mis en oeuvre à travers des interventions ciblant tous les maillons de la chaîne de valeur (production, stockage, conservation, transformation, distribution …) dans les secteurs productifs (agriculture, pêche, élevage, industrie, commerce…). Dans le domaine de l’agriculture, une dynamique de renforcement et de diversification des filières horticoles (maraîchère et arboricole) à haute valeur nutritive sera engagée. De même, la production des variétés de céréales et de légumineuses à haute valeur nutritive sera promue en favorisant au maximum les interventions intégrées ainsi que l’’éducation nutritionnelle des agriculteurs en vue d’influencer les choix de production et de consommation des ménages agricoles. Le renforcement de la disponibilité des produits halieutiques se fera à travers des actions de développement de la pêche continentale et de l’aquaculture, la transformation artisanale des produits halieutiques ainsi qu’un appui à la gestion durable des ressources halieutiques. Pour renforcer la disponibilité et l’accessibilité des aliments, le secteur du commerce s’appuiera sur les leviers de la tarification et de la distribution. Les interventions vont cibler la mise en place d’une régulation adéquate des prix, l’organisation d’un approvisionnement suffisant des centres de consommation et la promotion d’un réseau de distribution en milieu rural. L'axe quatre se concentre sur la formation, la recherche et l'innovation, tandis que le cinquième axe aborde la gouvernance de la nutrition. La pauvreté est identifiée dans le document comme facteur déterminant sous-jacent de la malnutrition. Ainsi, les ménages les plus pauvres sont les plus touchés par la malnutrition chronique. Donc, le Plan prévoit mettre en place un programme de cash transfert pour les mères d'enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère dans les ménages pauvres. La promotion de l’inclusion économique des femmes constitue un moyen puissant dans le cadre de l’amélioration de la disponibilité des aliments. Elle se fera à travers un meilleur accès : i) aux facteurs et moyens de production ; ii) à l’appui conseil ; iii) à la formation sur la transformation des produits agricoles et la conservation des aliments et ; (iv) à des technologies appropriées et compatibles à leur statut social. le PSMN engagera le Sénégal sur les cinq (05) prochaines années sur une nouvelle dynamique avec des interventions structurantes orientées vers la formation et la recherche en nutrition. Enfin, le document prévoit des interventions pour renforcer la résilience au changement climatique et introduire les espèces forestières fruitières résilientes dans les zones à risque. Le renforcement de la gouvernance du secteur de la nutrition constitue un préalable pour réussir la mise en oeuvre du PSMN suivant l’approche multisectorielle. Le dispositif de gouvernance pour accompagner la mise en oeuvre du PSMN sera articulé autour de plusieurs instances de pilotage. A cet effet, une plateforme de coordination multi-acteurs sera opérationnalisée pour coordonner la politique de nutrition au Sénégal.

السنغال · 2018-01-01