Face à la déforestation et à la désertification, l'État Malien a élaboré en 1995 une Politique forestière nationale (PNF) dans l’optique de contribuer à la réalisation de trois dimensions fondamentales (sociale; économique; et écologique), chacune d’elles ayant des objectifs spécifiques. En effet, la dimension sociale vise à responsabiliser les ruraux pour une gestion durable des ressources forestières, fauniques et halieutiques. Cette option reconnaît aux ruraux leur capacité de gérer rationnellement les ressources avec les appuis et les conseils dont ils auraient besoin. Il s’agit pour les ruraux d’acquérir un pouvoir de décision sur les ressources qu’ils envisagent d’exploiter et de conserver. Dans certains contextes particuliers, la Politique forestière nationale vise à associer les populations riveraines et divers opérateurs à cette gestion. Quant à la dimension économique de la Politique Forestière Nationale, elle vise à favoriser et à garantir l’investissement foncier en cofinançant l’investissement initial avec les gestionnaires des ressources, en sécurisant les investissements, mobilisant le financement des programmes nationaux, régionaux et locaux auprès des partenaires. Enfin, la dimension écologique de la Politique Forestière Nationale vise, d’une part, à préserver la diversité biologique dans ses composantes (diversité génétique, diversité des produits et diversité des paysages), et d’autre part, à restaurer les écosystèmes dans le cadre de la lutte contre la désertification et l’avancée du désert. Pour atteindre ces objectifs la Politique forestière nationale prévoit six (6) axes stratégiques ou composantes, notamment favoriser l’initiative privée et le partenariat; préciser le mode de gestion des ressources aux différentes échelles; améliorer les capacités d’intervention des différents partenaires par un dispositif d’appui-formation-conseil efficace; favoriser l’investissement aux différentes étapes des filières; articuler la gestion des ressources aux différentes échelles spatiales et organisationnelles; et conserver la diversité biologique et restaurer les écosystèmes. Dans le cadre d’une agriculture, d’une sylviculture et d’une pêche plus productive et plus durable, la Politique forestière nationale, à travers la stratégie de conservation de la diversité biologique et la restauration des écosystèmes, prévoit sélectionner des aires de conservation dans chacune des principales zones écologiques et une gestion des ressources fauniques; gestion des ressources halieutiques. Par ailleurs, elle envisage entreprendre des actions de lutte contre la désertification et l’avancée du désert. S’agissant de la réduction de la pauvreté, la PNF envisage améliorer les capacités d’intervention des différents partenaires par un dispositif d’appui-formation-conseil efficace (appui, la formation et le conseil au niveau des ruraux, formation des agents forestiers; appui, la formation et le conseil en faveur des opérateurs des filières); favoriser l’investissement aux différentes étapes des filières (Crédit au profit des opérateurs de filières, Fonds de subvention cogérés). La PNF, dans le cadre de la gestion des arbres dans le domaine agricole, reconnaît aux détenteurs des droits sur les terres agricoles en ce qui concerne la gestion des arbres. Les ruraux auront alors tous pouvoirs de décision concernant l’exploitation (abattage ou élagage) et la conservation (régénération naturelle assistée, plantation, taille,…) des arbres y compris les espèces protégées. Au niveau des systèmes agricoles et alimentaires plus inclusifs et efficaces, la PNF envisage favoriser et à garantir l’investissement foncier en cofinançant l’investissement initial avec les gestionnaires des ressources; en sécurisant les investissements; et en mobilisant le financement des programmes nationaux, régionaux et locaux auprès des partenaires. Pour améliorer la résilience des moyens de subsistance face aux menaces et crises ayant des répercussions sur l’agriculture, la nutrition et la sécurité alimentaire, la Politique forestière nationale, à travers la stratégie de conservation de la diversité biologique et la restauration des écosystèmes, prévoit lutter contre la désertification, les changements climatiques et l’avancée du désert. Dans le cadre de la Gouvernance et d’une mise en œuvre efficiente, la PNF prévoit, d’une part, favoriser la participation de tous acteurs, l’initiative privée et le partenariat (les ruraux, les opérateurs, les collectivités territoriales décentralisées, les instances villageoises; ruraux/ruraux; hommes/femmes, autochtones /allochtones, agriculteur /éleveurs, propriétaires/usagers). D’autre part, elle prévoit des instruments (un plan d’investissement, une législation/ réglementation adaptée, et un dispositif du suivi-évaluation); et un mécanisme de financement approprié (un financement public et privé interne impliquant l’Etat; le budget des collectivités territoriales décentralisées opérateurs économiques privés; les ONG nationales; les associations nationales; syndicat; coopératives; organisations socio-professionnelles; banque commerciales; réseau mutualiste des institutions d’épargne et de crédits); un fonds de subvention cogéré constitué dans le cadre d’un partenariat Etat-collectivités locales et autres sources de financement extérieures, pour financer les coûts initiaux des aménagements; des fonds forestiers locaux autogérés, constitués par un prélèvement sur les différentes taxes d’exploitation et la vente des produits, pour financer les coûts d’exploitation. Par ailleurs, la PNF envisage réguler, articuler la gestion des ressources forestières aux différentes échelles spatiales et organisationnelles.
Mali · 1995-01-01