Programme national pour l'alimentation (PNA 2) 2014-2017

Le présent Programme national pour l'alimentation (PNA 2) 2014-2017 est un document sectoriel de la France à portée nationale qui a pour objectif principal d’offrir à chaque citoyen les conditions du choix de son alimentation en fonction de ses souhaits, de ses contraintes et de ses besoins nutritionnels, pour son bien-être et sa santé. En ce qui concerne l'élimination de la faim, de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition, le PNA 2 a pour but de Adapter l'aide alimentaire aux attentes et aux besoins des populations les plus démunies ; assurer la qualité (nutritionnelle et sanitaire) des denrées distribuées dans le cadre de l'aide européenne (Fonds européen d'aide aux plus démunis – FEAD) ; cibler les aides publiques sur les associations capables de gérer l'aide alimentaire (via leur habilitation), et calibrer le volume de ces aides en fonction des besoins réels de ces associations (grâce à la remontée de données chiffrées objectives) ; développer les flux de dons de denrées. Cela passe par l'approfondissement du travail permettant de faciliter les dons de produits agricoles en nature par les agriculteurs : après la création en 2013 d'un dispositif ad hoc sur le lait, le travail est engagé sur d'autres produits et notamment les œufs. Il s'agit aussi de clarifier le cadre fiscal des dons par la grande distribution ; améliorer la qualité de l'offre alimentaire pour tous via l'engagement des professionnels dans des accords collectifs avec l'État (Pacte « qualité ingrédients ») : il s’agit d’un dispositif incitatif pour les opérateurs qui vise à faire évoluer favorablement la composition nutritionnelle de l’offre alimentaire, ainsi que la durabilité des modes de production, de transformation et de distribution ; en milieu carcéral, favoriser la réinsertion professionnelle par l'alimentation en développant les formations aux métiers de bouche qui constituent des viviers d'emplois aujourd'hui insuffisamment valorisés. Il peut s'agir aussi de s'appuyer sur les acteurs de l'aide alimentaire pour aller au-delà de la simple fourniture d'aliments, en créant du lien social dans ce cadre ; améliorer, en collaboration avec le ministère de la justice, l'offre alimentaire en milieu carcéral (mise en place d'échanges de pratiques entre cuisiniers des différents établissements, développement d'initiatives visant à lutter contre le gaspillage alimentaire, etc.) ; mobiliser, avec le ministère de l’éducation nationale, les recteurs et les enseignants sur l'importance de l'éducation alimentaire à l'école, conformément à l’article L.312-17-3 du code de l’éducation ; créer un centre de ressources éducatives et pédagogiques en ligne, à l'attention des enseignants et des équipes pédagogiques. Le Ministère de l’éducation nationale a une politique ambitieuse, dans le cadre de la loi du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, pour faire entrer l'école dans l'ère du numérique. Il permettra de mettre en place une offre d'outils pédagogiques numériques à destination de l'ensemble de la communauté éducative ; mettre à disposition des communautés éducatives, des outils conçus au plan national, tels que «Un fruit pour la récré », « Plaisir à la cantine », les «Classes du goût », les guides d’accueil des scolaires chez les professionnels des filières alimentaires ; développer des actions permettant de recréer du lien entre l’agriculture et la société (visites d’élèves dans les exploitations agricoles ou chez les professionnels des secteurs alimentaires, mise en place de jardins pédagogiques, etc.) en s’appuyant notamment sur les outils conçus dans le cadre du PNA ; sensibiliser les élèves à la diversité des modèles alimentaires, avec un éveil aux cultures alimentaires des Outre-mer et du monde ; former les jeunes au métier, générateur d’emplois, de cuisinier en restauration collective ; sensibiliser les jeunes et les étudiants aux métiers de l’alimentation qui recrutent, lors d’événements du type Salon européen de l’éducation ou Salon de l’étudiant, ou via le portail Alimétiers ; diffuser les bonnes pratiques et les initiatives recensées dans le cadre du comité de suivi du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire et dans le cadre des appels à projets « anti-gaspi », afin d'en démultiplier l'appropriation et les effets ; maintenir la mobilisation autour de la journée du 16 octobre, instituée depuis 2013 Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, afin d’en faire un point d'ancrage pour la valorisation des initiatives, et l'entretien de la dynamique du Pacte national ; faciliter les dons de produits aujourd’hui détruits ou jetés, ainsi que la promotion d’activités d’insertion par l’activité économique permettant de valoriser ces produits ; s'appuyer sur les conclusions de la mission parlementaire confiée le 15 octobre 2014 par le Premier Ministre à Guillaume Garot dont les conclusions sont attendues en avril 2015, pour lever de nouveaux verrous, définir des nouvelles modalités de mobilisation, et amplifier la dynamique ; favoriser le développement de plateformes d'approvisionnement de proximité, notamment de la restauration collective, et développer l'approvisionnement local dans la restauration collective en aidant notamment les donneurs d'ordre à utiliser les possibilités offertes par les règles de la commande publique et valoriser le patrimoine alimentaire, grâce aux signes d’identification de la qualité et de l’origine, avec par exemple pour l’année 2015 l'anniversaire fêtant les 80 ans de l'institut nationale de l'origine et de la qualité (INAO), ou encore la vitalité du réseau des cités de la gastronomie en cours de constitution. Il convient de concevoir une gouvernance du nouveau Programme National de l'Alimentation qui soit à la fois souple, réactive et opérationnelle, en cohérence avec la volonté affichée par la loi d'avenir pour l'agriculture l'alimentation et la forêt de recentrage de l'action de l’État autour d'un nombre réduit de priorités plus clairement identifiées.

France · 2014-11-01