L’Union des Comores a soumis en mars 2026 sa troisième Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0). Ce document marque une nette progression par rapport aux versions précédentes, en alignant les engagements du pays sur l’Accord de Paris, l’Agenda 2030 et le Plan Comores Émergent. Sur le volet atténuation, le pays vise une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 57 % d’ici 2035 par rapport au scénario de référence (BAU). Cet objectif se décompose en une part inconditionnelle de 14 % (financée sur ressources nationales) et une part conditionnelle de 43 % (soumise à l’obtention de soutiens internationaux). La stratégie repose sur une transition énergétique profonde (géothermie, solaire, efficacité énergétique), une mobilité durable, une gestion sobre des déchets et une substitution des gaz fluorés. Le renforcement du puits de carbone forestier (secteur UTCF) est au cœur du dispositif: les Comores ambitionnent d’atteindre une séquestration nette de -1 437 Gg CO₂eq en 2035, faisant du pays un puits de carbone net pour la planète. L’adaptation reste la priorité absolue pour protéger les populations et les infrastructures. Cinq secteurs stratégiques ont été identifiés: la gestion intégrée de l’eau, l’agriculture climato-intelligente, la protection des zones côtières et des écosystèmes marins, la résilience des infrastructures et de l’habitat, ainsi que la santé publique face aux risques climatiques. Le plan d’investissement pour l’adaptation s’élève à 6,6 milliards USD, avec un financement reposant sur une architecture mixte (fonds publics, internationaux, privés, obligations vertes, etc.). L’inclusion sociale, l’équité de genre et la protection des enfants et des jeunes sont intégrées de manière transversale dans la CDN. Des actions ciblées visent à renforcer la participation des femmes, des jeunes et des personnes handicapées dans les secteurs clés, tandis qu’une transition juste est promue pour garantir que les bénéfices économiques et sociaux de la transition écologique profitent à tous. Enfin, le document souligne l’importance des savoirs traditionnels, de la coopération régionale et internationale, et d’un système de suivi-évaluation renforcé pour assurer la transparence et l’efficacité des actions engagées.
Comoros · 2026-03-01