Contribution Déterminée au niveau National (CDN) 3.0.

La CDN 3.0 du Niger représente une étape charnière dans l'engagement climatique du pays, réaffirmant sa volonté de concilier développement socio-économique et lutte contre les changements climatiques. Ce document stratégique, aligné sur l'Accord de Paris et le Programme de la Refondation de la République, se distingue par une ambition nettement rehaussée par rapport aux versions précédentes. Le Niger, bien que faiblement émetteur de gaz à effet de serre, est fortement vulnérable aux impacts climatiques. Pour y répondre, la CDN 3.0 fixe des objectifs quantitatifs significatifs. Sur le plan de l'atténuation, le pays vise une réduction de ses émissions de 39,7 % à l'horizon 2030 et de 51,2 % à l'horizon 2035 par rapport à un scénario de référence (BAU). Cette progression est notable par rapport à la CDN précédente (35 % en 2030). Cette réduction sera portée principalement par le secteur de l'Énergie, suivi de l'Agriculture, Foresterie et Autres Affectations des Terres (AFAT), et du secteur des Déchets, nouvellement intégré. L'adaptation comme priorité absolue Face à une vulnérabilité accrue, l'adaptation constitue le cœur de la réponse nigérienne. La CDN 3.0 déploie un portefeuille de 183 mesures sectorielles visant à renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes. Les secteurs clés incluent l'agriculture, l'élevage, la foresterie, les ressources en eau et l'assainissement (EHA), la santé, l'éducation, ainsi que les infrastructures. Ces actions s'appuient sur des cadres stratégiques existants comme le Plan National d'Adaptation (PNA) et la Stratégie Nationale d'Adaptation dans le secteur Agricole (SPN2A). La CDN 3.0 innove en intégrant des dimensions transversales et sociales fortes à travers quatre "nexus" cruciaux: Climat-Paix-Sécurité, Migration-Environnement-Climat, Santé-Genre-Climat, et Déchets-Emplois Verts-Transition Juste. Elle met également l'accent sur l'approche intégrée, la territorialisation de l'action climatique via des plans communaux, et sur l'inclusion des jeunes et des enfants, reconnus comme des acteurs clés du changement. Un besoin de financement considérable La mise en œuvre de cette stratégie ambitieuse nécessite un financement global estimé à 16,94 milliards USD sur la période 2025-2035. La répartition est équilibrée entre l'adaptation (55,6 %) et l'atténuation (44,4 %). Une part importante de ce financement (environ 79,6 %) est conditionnelle à un soutien international, tandis que le reste (20,4 %) sera mobilisé sur des ressources nationales. Le document prévoit également de mobiliser des mécanismes innovants comme le marché carbone (Article 6 de l'Accord de Paris) et le Fonds pour les pertes et préjudices.

Niger · 2026-07-01