Suite à la Politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP) et du Programme détaillé pour le Développement de l’Agriculture africaine (PDDAA), d’une part, et aux orientations retenues dans ses documents de politique et de stratégie pour l’agriculture, le Sénégal a élaboré le Plan d’investissement (PI) portant sur la période 2011-2015 dans le but de faire jouer à l’agriculture un rôle majeur dans la croissance de l’économie, la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté à l’horizon 2015, et assurer une distribution plus équilibrée des activités agricoles entre les zones agro-écologiques, les régions et les collectivités locales. Ce plan s’inscrit dans la perspective d’une agriculture moderne et durable, productive et compétitive sur les marchés intra-communautaires ou internationaux, fondée sur l’efficacité, l’efficience des exploitations familiales et la promotion des entreprises agricoles, grâce à l’implication du secteur privé. Le PI a huit objectifs stratégiques déclinés en composantes: (i) réduire les risques climatiques par la maîtrise de l’eau, (ii) préserver et gérer durablement les autres ressources naturelles, (iii) augmenter la production et améliorer fortement la productivité globale des facteurs, (iv) valoriser les produits agricoles par leur transformation, (v) améliorer l’accès aux marchés des produits agricoles, (vi) renforcer la recherche pour générer et transférer de nouvelles technologies dans la production, la transformation et la commercialisation, (vii) renforcer significativement les capacités des différents acteurs, et (viii) assurer un pilotage et une coordination efficace de la mise en œuvre du PI. Le Plan d’investissement 2011-2015 accorde une place prépondérante à la sécurité alimentaire et nutritionnelle en ce sens qu’un des fondements du PI est l’accroissement rapide des productions pour combattre la faim … et assurer une plus grande sécurité alimentaire du pays. Dans le cadre d’une agriculture, d’une sylviculture et d’une pêche plus productive et plus durable, le PI met en place le programme «Maîtrise de l’eau» qui regroupe ses différentes interventions autour de cinq priorités sur la base d’une approche intégrée: (i) les aménagements hydro-agricoles; (ii) les transferts d’excédents d’eau notamment vers les régions du centre; (iii) la construction et la valorisation des bassins de rétention, notamment par l’implication du secteur privé; (iv) la promotion de l’irrigation par goutte-à-goutte, pour une utilisation efficiente de l’eau, et (v) l’implantation de fermes agro-pastorales autour de forages. Le programme « Préservation et gestion durables des autres ressources naturelles » structure ses interventions autour de trois composantes: (i) la restauration de la base productive agricole dans le bassin arachidier, la protection et la mise en valeur des terres salées; (ii) l’aménagement et la gestion des pêcheries et des écosystèmes continentaux ainsi que des fonds marins, et (iii) la lutte contre les feux de brousse et les végétaux aquatiques envahissants, la gestion durable des forêts, le reboisement des périmètres irrigués et l’édification de la Grande muraille verte. En outre, il compte intensifier la production par le biais du programme «Augmentation de la production et amélioration de la productivité» dont les composantes sont: (i) la protection des cultures; (ii) la lutte contre les maladies animales prioritaires; (iii) la production de semences pour les différentes filières agricoles et forestières; (iv) l’équipement et la modernisation des exploitations agricoles; (v) le développement des filières agricoles traditionnelles et l’appui à l’émergence de nouvelles, (vi) le développement des filières laitière, avicole et équine. En matière de la lutte contre la pauvreté, le PI prévoit le programme «Renforcement des capacités des acteurs» articulé autour de trois composantes: (i) la restauration et la gestion durable du système éducatif agricole; (ii) le renforcement de l’offre de services du conseil agricole et rural, et (iii) le renforcement des capacités des acteurs étatiques et non étatiques. Pour activer les systèmes agricoles et alimentaires plus inclusifs et efficace, le PI prévoit le programme « Développement de la transformation des produits agricoles» comprenant trois composantes: (i) la valorisation des produits de la pêche continentale, (ii) la modernisation de la filière transformation artisanale, et (iii) la valorisation des produits issus des filières agricoles. Par ailleurs, il envisage dans le cadre du programme «Augmentation de la production et amélioration de la productivité» les interventions suivantes: (i) la protection des cultures; (ii) la lutte contre les maladies animales prioritaires. Le programme «Renforcement des capacités des acteurs» du PI se focalise sur trois composantes: (i) la restauration et la gestion durable du système éducatif agricole; (ii) le renforcement de l’offre de services du conseil agricole et rural, et (iii) le renforcement des capacités des acteurs étatiques et non étatiques. Enfin, au-delà de la transformation et de la commercialisation, le PI met en place le programme «Accès aux marchés des produits agricoles». Il s’agit notamment de cinq axes, notamment: (i) la réhabilitation et la construction de pistes de production; (ii) la construction d’infrastructures de stockage de céréales, (iii) l’appui à la gestion de la qualité des produits agricoles et d’origine animale, (iv) la construction et la réhabilitation de structures de stockage, et (v) la valorisation de produits forestières non ligneux. Dans le cadre de l’amélioration de la résilience des moyens de subsistance face aux menaces et crises ayant des répercussions sur l’agriculture, le PI vise, entre autres, la réduction les risques climatiques à travers le programme « Maîtrise de l’eau » à travers les composantes suivantes : la promotion de l’irrigation par goutte-à-goutte, pour une utilisation efficiente de l’eau; les transferts d’excédents d’eau notamment vers les régions du centre; (iii) la construction et la valorisation des bassins de rétention. Il prévoit également la lutte contre les feux de brousse et les végétaux aquatiques envahissants; le renforcement du dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires, et le reboisement des périmètres irrigués et l’édification de la Grande muraille verte. Puis, il envisage renforcer le système de prévention et de gestion des crises alimentaires pour accroitre les capacités d’anticipation de différents acteurs de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (SAN). Enfin, le PI prévoit un mécanisme de mise en œuvre; un comité de pilotage; un comité technique; et un mécanisme de suivi-évaluation du programme. Le Comité de Pilotage, composé des structures étatiques, des collectivités locales, de la recherche, de la transformation des produits agricoles et du commerce, des représentants des organisations des producteurs, de la société civile, et du secteur privé, est chargé d’assurer un pilotage et une coordination efficace de la mise en œuvre du PI.
Senegal · 2011-01-01