Pour faire face aux besoins incessants en eau suffisante et saine, et améliorer la gestion des ressources en eau, le Benin a, en 2008, élaboré la Politique Nationale de l'Eau sur la base de l’approche de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Cette politique vise à assurer un accès équitable à l’eau et une exploitation durable des ressources en eau; et assurer une utilisation efficiente de l’eau pour en optimiser le bénéfice social et économique. Spécifiquement, la politique nationale de l’eau vise une réforme du cadre de gestion pour une bonne gouvernance de l’eau; une nécessaire réforme gouvernementale; une participation des collectivités territoriales; un renforcement de la participation du secteur privé; un renforcement de la participation des ONG et de la société civile; et une participation citoyenne accrue à tous les niveaux de décision. Pour atteindre cet objectif, la Politique Nationale de l'Eau s’articule autour quatre (04) orientations stratégiques prioritaires, notamment Réformer le cadre de gestion en recherchant la bonne gouvernance de l'eau (Orientation stratégique 1); Assurer un accès équitable et durable à l’eau potable et à l’assainissement pour les populations urbaines et rurales (Orientation stratégique 2); Garantir la disponibilité de l'eau, en quantité et en qualité, pour l’ensemble des activités économiques (Orientation stratégique 3); et Assurer la santé, la sécurité publique et la conservation des écosystèmes aquatiques (Orientation stratégique 4). Pour remédier à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et combattre la pénurie alimentaire, la politique nationale de l’eau prévoit assurer un accès équitable et durable à l’eau potable conforme aux normes et à l’assainissement pour les populations urbaines et rurales (Orientation stratégique 2 et 4). Il s’agit de garantir aux populations tant en milieu rurale qu’urbain les services d’adduction d’eau potable (AEP) et suffisante. Dans le cadre d’une agriculture, d’une sylviculture et d’une pêche plus productive et plus durable, cette politique propose garantir la disponibilité de l'eau, en quantité et en qualité, pour l’ensemble des activités économiques (Orientation stratégique 3), notamment pour développer, promouvoir et encourager: une agriculture de type moderne moins dommageable pour l’environnement et les écosystèmes; les activités halieutiques et aquacoles; un élevage de type moderne avec une perspective de sédentarisation progressive des éleveurs du cheptel ovin et bovin; l’énergie hydroélectrique; le transport par voie d’eau (navigation); le secteur industriel; et toute autre activité liée à l’eau. Par ailleurs, elle compte planifier et équilibrer la satisfaction des différentes demandes. Enfin, la politique nationale de l’eau promet conserver les écosystèmes aquatiques (milieux naturels et les zones humides). La politique nationale de l’eau contribuera aussi à la réduction de la pauvreté rurale, à travers la valorisation et la mobilisation des ressources en eau dans le cadre du développement et de la promotion des d’activités économiques (Orientation stratégique 3) notamment l’agriculture, la pêche et l’aquaculture, l’élevage, et toute autre activité liée à l’eau. Au niveau des systèmes agricoles et alimentaires plus inclusifs et efficaces, cette politique envisage promouvoir la formation et la connaissance des ressources en eau; et assurer le renforcement des capacités des parties prenantes et les impliquer dans le processus décisionnel. Par ailleurs, elle mettra en place des mécanismes financiers incitatifs et dissuasifs. S’agissant de l’amélioration de la résilience des moyens de subsistance face aux menaces et crises ayant des répercussions sur l’agriculture, cette politique prévoit assurer la prévention des risques naturels et effets négatifs liés à l'eau ; promouvoir des systèmes d’irrigation performants et adaptés aux spécificités de chaque zone; et développer des techniques culturales favorisant la conservation des eaux et des sols. Dans le cadre d’une bonne gouvernance de l'eau, cette politique compte élaborer et actualiser périodiquement le document de politique nationale de l'eau; adopter et mettre en application le nouveau cadre juridique (législatif et réglementaire); mettre en cohérence les politiques et stratégies sectorielles liées à l’eau avec la politique nationale de l'eau; renforcer la coopération internationale et l'intégration régionale en matière de gestion de l’eau. Ensuite, elle prévoit réformer et rendre opérationnel le cadre institutionnel et assurer le renforcement des capacités (mettre en place les nouveaux organes adaptés à la bonne gouvernance de l’eau ; clarifier les rôles des acteurs ; faire participer toutes les parties prenantes et renforcer les approches intersectorielles). Enfin, elle prévoit développer, appliquer et améliorer les instruments et les mécanismes de gestion (animer, suivre et évaluer le processus GIRE; créer des mécanismes de prévention et de résolution des conflits).
Бенин · 2008-01-01